Walter BENJAMIN s’est attaché à donner au flâneur les éléments plus précis d’un statut social et artistique. (4) Il explique en effet que la condition première pour flâner est d’avoir du temps libre, autrement dit de se sentir peu encombré par une vie familiale ou professionnelle ; flâner suppose aussi du détachement et de la sensibilité ; le flâneur doit ainsi cumuler aisance financière et culture, on reconnaît là le portrait du dandy.

C’est un oisif, à l’inverse du bourgeois contraint aux horaires de bureau, il oppose sa force d’inertie aux exigences de la productivité industrielle. Quant à son allure, elle n’est ni celle d’un promeneur indécis ni celle d’un marcheur déterminé, elle allie un pas décidé et une attention portée à tout ce qui l’entoure ; le flâneur est un « entomologiste amateur », parti « herboriser sur le bitume ». Que cherche-t’il ainsi en parcourant la ville ? BENJAMIN répond : dénoncer « le fétichisme » de la consommation, comprendre « comment les marchandises sont transformées sensiblement dans leur présence immédiate et deviennent des fantasmagories » ; c’est pourquoi ses terrains de prédilection seront les passages, symboles même de la culture de la consommation qui s’est mise en tête de gouverner le monde.

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Dérives

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