Le flâneur constitue la catégorie la plus large et la plus populaire ; chacun peut s’y reconnaître, puisqu’elle va du badaud au poète. Elle a pourtant ses exigences, quelques pas distraits ne feront pas de vous un flâneur. Plusieurs conditions doivent être réunies. La première est de se délivrer du statut qui vous est attaché, de sortir de soi, même provisoirement, pour « construire son propre sol ».  L’expression est de Virginia WOOLF qui a fait de cet exercice « au hasard des rues » le fondement d’une immense aventure. « Quittant la maison entre quatre et six heures par une belle soirée d’hiver, nous dépouillons le moi que nos amis connaissent et nous assimilons à cette vaste armée républicaine de trimards anonymes, dont la compagnie est si plaisante après la solitude de notre chambre. (…) Quel plus grand plaisir, écrit-elle, peut-il y avoir que de quitter les lignes droites de sa personnalité et de dévier vers ces sentiers qui mènent, à travers ronces et épais troncs d’arbres, vers le cœur de la forêt où vivent ces bêtes sauvages, nos semblables les hommes. »

Dérives

      urbaines

> Virginia Woolf

> AVEC LES PIEDS