L’apogée de l’art du presque rien me semble atteinte avec Piero MANZONI, mort de froid (peut-être aussi de cirrhose) dans son atelier en 1963, à l’âge de 30 ans. Il avait conçu en 1959 « les corps d’air », composés d’un ballon de baudruche, d’une boîte de crayons, d’un trépied et d’une description ; sur demande, et au prix de 200 lires le litre, le ballon est gonflé par l’artiste, sa respiration devenant ainsi objet d’art et identifiant l’artiste à l’art lui-même. Il avait écrit : « l’art est à même de devenir une continuation naturelle et spontanée de nos processus psychobiologiques, une extension de notre vie organique elle-même. » J’ajoute évidemment que la marche en est une vibrante illustration. Les provocations que constituent ses œuvres illustrent cette simple pratique d’abolir la différence entre l’art et la vie. L’art naît d’une pulsion inconsciente, il est la traduction de nos émotions les plus intimes, pour reprendre les mots de MANZONI « il n’y a rien à dire, il n’y a qu’à être, il n’y a qu’à vivre. » (17)

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