Olivier HERRING illustre un stade encore plus entreprenant dans la relation avec le piéton des rues. Il réalise de très courts films qui sont en fait de modestes chorégraphies urbaines (danse autour d’un panneau de signalisation, jeux d’eau avec une bouche d’incendie, saute-mouton sur un trottoir…) interprétées par des passants choisis au hasard ; bien sûr, personne ne s’abandonne à un rôle si loin de ses habitudes sans avoir au préalable établi une relation complice avec celui qui en fait la demande ; il y a tant de spontanéité dans les gestes de ces acteurs improvisés, semblant s’étonner eux-mêmes de leur talent, qu’on perçoit sans peine le niveau de confiance qui s’est établi avec le metteur en scène. Pour moi, ces rencontres fortuites, provisoires, gratuites, émouvantes et drôles, sont des illustrations particulièrement réussies de ce que les songeries que chacun entretient dans la foule des passants pourraient devenir, si seulement on se montrait un peu plus entreprenant…  

CHAPITRE 2

> AVEC LES PIEDS

Dérives

      urbaines