Quelques œuvres de Julien BERTHIER, également composées à partir d’éléments prélevés dans la rue, portent un autre type de message. Pour « Matière Première », l’artiste déambule dans la ville de Cologne, y repère des morceaux de tuyaux sans utilité pratique réelle, les prélève et soude les différents éléments recueillis pour en faire un tube d’acier de 6 mètres de long et de 48 millimètres de diamètre, les dimensions usuelles de ce type de matériau dans le commerce. L’artiste s’est fait magicien, il a créé une « ressource » à partir de « riens ». A moins qu’en ces temps de crise économique, il n’ait voulu montrer que l’art pouvait également participer aux solutions, n’être pas seulement ce poste budgétaire dispendieux qu’on dénonce facilement. Autre proposition avec « Monstre » ; c’est le nom donné aux amas d’objets laissés sur la voie publique dans l’attente d’un ramassage programmé ; BERTHIER récupère en l’état un de ces assemblages et le fond en bronze, le matériau noble par excellence de la sculpture publique, avant de le redéposer dans la ville, auréolé de son nouveau statut. On entre avec lui dans ces interstices que l’artiste sait saisir ou provoquer pour montrer une autre dimension possible du décor de la ville ; prélever, transformer et rendre, avec au bout un point d’interrogation, d’exclamation, ou … d’ironie.

Dérives

      urbaines

> Julien Berthier

> AVEC LES PIEDS