CHAPITRE 6.    QUE FAIT L’ARTISTE DE LA RUE QUAND IL S’EN EMPARE ? 

                      

> AVEC LES PIEDS

Personne ne possède totalement la vision de la ville, chacun en a une connaissance parcellaire. L’artiste marcheur a cette capacité privilégiée d’offrir une interprétation  nouvelle, différente, de la fable que la ville raconte à chacun de nous.

La première méthode à la disposition des artistes est de prélever les matériaux des rues, et par ce geste leur conférer une puissance renouvelée. Cela va de la simple collecte des débris qui jonchent le sol, comme Francis ALYS et Gabriel OROZCO l’ont illustré, à la réorganisation des éléments prélevés dans une mise en scène originale, l’exemple le plus emblématique de cette démarche étant l’œuvre de Kurt SCHWITTERS, qui y a consacré sa vie ; depuis, les « assembleurs » poursuivent la reconfiguration du réel, de Robert RAUSCHENBERG à Julien BERTHIER.

Une seconde voie utilisée par les artistes marcheurs urbains est de mettre en cause le statut même de l’espace public. Cette interrogation a été expérimentée par Sophie CALLE et elle est un fondement du travail effectué par Francis ALYS. Les lieux ne sont pas de simples espaces, ils sont produits par un contexte social, que l’artiste souligne, pour le rendre signifiant, (Tania MOURAUD, Bertrand LAVIER, …) ou détourne, pour en interroger l’usage (Adel ABDESSEMED, Bani ABIDI, …). La ville est à la fois un lieu intime et un lieu collectif, au cœur de ces deux statuts antagonistes l’artiste introduit des dérèglements infimes.



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Quelques œuvres illustrant le chapitre 6

Dérives

      urbaines