La façon de marcher de chacun est unique, mais la manière dont le marcheur s’empare de la ville peut sans doute s’identifier à l’une ou l’autre de trois catégories d’attitudes.

Flâner est apparemment la méthode la plus usuelle, mais sa mise en œuvre est très exigeante : il ne s’agit pas d’une vague déambulation, l’enjeu est de parvenir à oublier tout ce qu’on connaît des lieux pour créer un espace nouveau, propre au marcheur, ce que Virginia WOOLF appelait « construire son propre sol ». Le rythme de la marche est plutôt lent et l’itinéraire n’est jamais préconçu, flâner c’est apprendre à se perdre et à perdre son temps.

Arpenter, au contraire, est un acte physique et obsessionnel, qui substitue la performance à l’errance  et rappelle « les bons chiens » de BAUDELAIRE, « excités par les puces, la passion, le besoin ou le devoir. » Le groupe qui a constitué le laboratoire STALKER à la fin des années 1990 en est une parfaite illustration, mais d’autres artistes, ponctuellement, ont utilisé cette méthode comme support à une performance, notamment Vito ACONCI, Laurent MALONE, Francis ALYS, Miroslav TICHY …

La troisième méthode, je propose de l’appeler labyrinther, quand la marche n’est plus seulement un acte artistique, mais se rapporte à un égarement profond, recherché ou subi. Le thème a été très largement utilisé en littérature, Paul AUSTER, Georges PEREC ou Vitaliano TREVISAN en sont de parfaits illustrateurs. Mais des artistes plasticiens se sont également attachés à faire œuvres de leurs déambulations les plus hasardeuses, comme André CADERE, Stanley BROUWN ou Sophie CALLE.



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CHAPITRE 5.    COMMENT DONNER DU STYLE À SA MARCHE EN VILLE ? 

                      

Quelques œuvres illustrant le chapitre 5

Dérives

      urbaines

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