Alors qu’il y a tant d’adeptes de la marche, n’est-il pas étonnant que si peu de théoriciens se soient penchés sur les questions que soulève cette pratique ? Le lien entre marcher et penser a pourtant été établi dès l’antiquité, mais il a fallu attendre Jean-Jacques ROUSSEAU pour que la marche ne soit plus uniquement liée à un devoir, mais puisse être considérée comme une expérience existentielle. Et ce n’est enfin qu’avec la révolution industrielle que la marche, en réaction contre la vitesse et l’aliénation qui caractérisent la vie moderne, a été promue comme un acte créateur. BAUDELAIRE et Walter BENJAMIN vont se faire les premiers hérauts de cette conception, que les surréalistes mettront ensuite en application à travers toutes sortes d’errances dans la ville.

Peu d’auteurs, néanmoins, se sont attachés à formaliser comment la marche a pu prendre place dans l’art contemporain. C’est pourquoi deux figures méritent particulièrement d’être mises en valeur : d’abord Guy DEBORD, dont la doctrine révolutionnaire a intégré la « dérive » dans les villes comme un élément central pour échapper à « l’insoutenable misère de la vie quotidienne » ; ensuite, moins célèbre, infiniment plus romantique, Lucius BURCKHARDT, qui a créé le concept de « promenadologie » pour décrypter les paysages, érigeant au passage la marche comme un moyen privilégié d’accès à la vérité du monde.



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CHAPITRE 3.    POURQUOI LA PRATIQUE DEVANCE-T’ELLE AUTANT LA THÉORIE ? 

                      

> AVEC LES PIEDS

- Chapitre 3

Dérives

      urbaines

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Quelques œuvres illustrant le chapitre 3