Se promener dans la campagne est sans doute charmant et propice à la rêverie. Mais pour que marcher devienne un acte artistique, une création, il faut aller au-delà : affiner son attention, procéder à des découvertes, refigurer son environnement à sa propre mesure. Dans cet exercice, la ville offre infiniment plus d’opportunités que la nature.

Le premier atout de la ville, c’est d’abord la foule et les confrontations continuelles qu’elle propose au marcheur. Nerval et Baudelaire ont, les premiers, magnifié les chocs que provoquent parfois ces rencontres furtives. Parmi les artistes contemporains, beaucoup ont utilisé la foule comme un acteur direct de leur création (Kovanda, Manchot, Herring …), rendant ainsi hommage à la source d’inspiration qu’elle constitue. La ville renouvelle sans cesse les situations où le marcheur s’insère, lui donnant ainsi le rôle, irremplaçable, de recréer en permanence le lien entre l’espace public et la vie privée.

Toutes les villes n’ont pas le même pouvoir, chacune a son ambiance particulière qui influence profondément l’attitude du marcheur. L’illustration en a été donnée de façon particulièrement convaincante par deux écrivains qui ont lié leur œuvre à leur ville, Lawrence Durrell à Alexandrie et Orhan Pamuk à Istanbul. On peut glaner dans la littérature bien d’autres allusions à cette manifestation de la psychogéographie. (Voir 2.2 Les villes dans une peinture d’ambiance).

Aucune ville cependant n’est uniforme, c’est avant tout une mosaïque de quartiers, chacun  ayant sa sensibilité propre. De plus, ces frontières ne sont pas figées, les villes sont par nature évolutives. Plusieurs artistes se sont efforcés de formaliser dans leurs œuvres cette notion de « villes errantes », en perpétuelle modification (Constant, Herron, Bublex). Pour le marcheur urbain, en tous cas, la différence entre la ville et ses banlieues est immédiatement perceptible, le territoire dicte l’allure et commande le comportement.



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CHAPITRE 2.    POURQUOI EST-IL PLUS INTÉRESSANT DE MARCHER 

                        EN VILLE QUE DANS LA NATURE ?

Quelques œuvres illustrant le chapitre 2

CHAPITRE 2

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Dérives

      urbaines